Ischia è la più estesa e
più affascinante di queste isole greche
che sembrano fare del golfo di Napoli un immenso
giardino di acqua, i cui boschetti sono altrettante
miniature della Svizzera. Con le sue foreste,
le sue sorgenti, le sue rocce, i suoi vulcani
che non gettano più che fiori, è senz’altro
uno dei più magici soggiorni che possa
immaginare l'anima del poeta. Accanto al tumulto
sfrenato di una capitale, è il ritrovo
più ombreggiato e più raccolto,
un paradiso di verde e di silenzio, protetto
dalle onde trasparenti del mare Tirreno contro
il rumore e la polvere dell'inferno napoletano. È qui
che, nella sua infanzia, Vittoria rimaneva più spesso
che a Napoli. È qui, in questo Éden
preparato già ai sogni platonici di Vico,
che fu in parte educata tra gli ospiti illustri
che frequentavano il palazzo della duchessa di
Francavilla: l'arcade Sannazaro, il credulo storico
Paolo Giovio, il romanzesco Bernardo Tasso, e
venti altri i cui i nomi, oggi meno conosciuti,
non cedevano allora ai loro. Questi facevano
a gara nel celebrar una sì dolce residenza,
e nessun dubbio che il loro esempio, come anche
i paesaggi di fate che li ispiravano, abbiano
affrettato lo sviluppo di questa fresca e luminosa
intelligenza che annunciò presto ciò che
doveva essere e ciò che diventò.
Ischia est la plus étendue et la
plus charmante de ces îles grecques qui
semblent faire du golfe de Naples un immense
jardin d'eau, dont les massifs sont autant de
miniatures de la Suisse. Avec ses forêts,
ses sources, ses rochers, ses volcans qui ne
jettent plus que des fleurs, elle est sans contredit
un des plus magiques séjours que puisse
imaginer l'âme du poêle. C'est, à côté du
tumulte effréné d'une capitale,
la retraite la plus ombreuse et la plus recueillie,
un paradis de verdure et de silence, défendu
par les flots transparents de la mer de Tyrrhène
contre les vagues de bruit et de poussière
de l'enfer napolitain. C'est là que, dans
son enfance, Vittoria demeurait plus souvent
qu'à Naples. C'est là, dans cet Éden
préparé d'avance aux rêves
platoniques de Vico, qu'elle fut en partie élevée
au milieu des hôtes illustres qui fréquentaient
le palais de la duchesse de Francavilla, l'Arcadien
Sannazare, le crédule historien Paul Jove,
le romanesque Bernardo Tasso, et vingt autres
dont les noms, aujourd'hui moins connus, ne le
cédaient pas alors aux leurs. C'était à qui
d'entré eux célébrerait
une si douce résidence, et nul doute que
leur exemple, aussi bien que les paysages de
fées qui les inspiraient, n'aient hâté le
développement de cette fraîche et
lumineuse intelligence qui annonça de
bonne heure ce qu'elle devait être et ce
qu'elle devint.
***
Sembra, se ci si riporta alle memorie
epistolari del tempo, che ritornò a Roma
nel 1538, e che ripartì nel 1539, sia
per visitare altre contrade d'Italia, sia per
rivivere la sua solitudine di Ischia, verso la
quale andavano spesso i suoi sogni; che risvegliavano
i suoi ricordi, quando ne era lontano; che ravvivavano
le sue pene, quando si ritrovava faccia a faccia
con il suo calvario, dove salassava ancora la
sua felicità crocifissa. Due dei suoi
sonetti esprimono con eloquenza questi aspetti
contraddittori dell'anima che le facevano ora
amare e ora odiare, cercare e respingere questa
dimora.
Il parait, si l’on s'en rapporte
aux mémoires épistolaires du temps,
qu'elle revint à Rome en 1538, et qu'elle
repartit en 1539, soit pour visiter d'autres
contrées de l'Italie, soit pour revoir
sa solitude maintenant négligée
d'Ischia, vers laquelle s'envolaient souvent
ses songes ; que redemandaient ses souvenirs,
quand elle en était loin ; qui ravivait
ses peines, quand elle se retrouvait face à face
de ce calvaire, où saignait encore son
bonheur crucifié. Deux de ses sonnets
expriment avec éloquence ces mouvements
contradictoires de l'âme, qui lui faisaient
tour à tour aimer et haïr, chercher
et repousser cette retraite.
- Quand’io del caro scoglio miro
intorno
- La terra e 'l ciel nella vermiglia
aurora,
- Quante nebbie nel cor son nate allora,
- Scaccia la vaga vista e ‘l chiaro
giorno.
- S’erge il pensier col sole; ond'
io ritorno
- Al mio che 'l ciel di maggior luce
onora;
- Et da quest' altro par ch' ad ora ad
ora
- Richiami l’alma al suo dolce
soggiorno.
- Per l’esempio d’Elia, non
con 1'ardente
- Celeste carro, ma col proprio aurato
- Venir se '1 finge l’amorosa mente,
- A cangiarne l’umil
doglioso stato
- Con l’altro eterno; e in quel
momento sente
- Lo spirto un raggio dell’ardor
beato
Quand, de ce cher écueil, je regarde
autour de moi la terre et le ciel qu'envermeille
l'aurore, tout ce qu'il m'a pu naître de
nuages au cœur se dissipe, chassé par
ces perspectives ravissantes et la clarté du
jour.
Ma pensée se lève avec le soleil,
puis je m'en éloigne pour retourner au mien,
qui honore le ciel d'une splendeur plus grande,
et il me parait que, d'heure en heure, celui-là rappelle
mon âme à son doux séjour.
A l'exemple d'Élie, non sur le char ardent
de l'Écriture, mais porté sur l’or
roulant du sien, mon imagination amoureuse se
figure le voir venir :
Je crois qu'il vient changer mon humble état
de douleur contre l'éternelle félicité,
et je sens, en ce moment, pénétrer
dans mon esprit un rayon enflammé de sainte
béatitude.
Di un tono più triste e più severo,
il secondo sonetto sembra meglio esprimere il
suo stato abituale. Il primo non è che
una finzione, una di quelle consolazioni dello
spirito che non sono spesso che una lusinga e
il cui sogno non arriva sino al cuore ;
l’altro è doloroso come la realtà
D'une teinte plus triste et plus
sévère,
le second de ces sonnets me semble mieux peindre
son état habituel. Le premier n'est qu'une
fiction, une de ces consolations de l'esprit
qui ne sont souvent qu'un leurre, et dont le
rêve ne va pas jusqu'au cœur; l'autre
est douloureux comme la réalité.
- Vivo su questo scoglio orrido e solo,
- Quasi dolente augel che ‘l verde
ramo
- E l’acqua pura abborre ; e a
quelli ch'amo
- Nel mondo, ed a me stessa ancor m'involo,
- Perché espedito al sol che adoro
e colo
- Vada il pensiero. E sebben, quanto
bramo,
- L’ali non spiega; pur quand'
io '1 richiamo
- Volge dall' altre strade a questa il
volo.
- E 'n quel punto che giunge lieto e
ardente
- Là ve l’invio ; si breve
gioia avanza
- Qui di gran lunga ogni mondan diletto.
- Ma se potesse l'alta sua sembianza
- Formar, quant’ella vuol, l’accesa
mente;
- Parte avrei forse qui del ben perfetto.
Je vis sur
ce rocher horrible et solitaire comme l'oiseau
plaintif à qui
le rameau vert et l'eau pure répugnent
: et à ceux que j'aime dans le monde,
et à moi-même aussi je me dérobe
;
Parce que ma pensée agile se hâte
d'aller à ce soleil que je révère
et que j'adore; et, bien qu'elle ne déploie
pas autant que je voudrais ses ailes, cependant,
quand je le lui ordonne, elle se détourne
de toute autre route pour voler à celle-là.
Et, aussitôt qu'elle arrive ardente et satisfaite
au but où je la dirige, une si courte joie
surpasse de bien loin tout plaisir de la terre.
Ah! si mon esprit enflammé pouvait,
autant qu'il le désire, revêtir d'une
forme vivante sa haute et sublime image, j'aurais
peut-être ici-bas une part du bonheur parfait.

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